Pourquoi ton corps a besoin de plus d’eau

La grossesse déclenche certains des changements physiologiques les plus marquants du corps humain, et presque tous augmentent les besoins en liquides :

Hausse du volume sanguin

Le volume sanguin augmente de 30 à 50 % pour soutenir le placenta et la croissance du fœtus. Cela demande nettement plus de liquides.

Charge de travail des reins

Le débit de filtration glomérulaire (DFG) augmente de 50 % et le flux plasmatique rénal grimpe jusqu’à 80 % par rapport aux niveaux hors grossesse.

Liquide amniotique

Ton corps produit et renouvelle en continu le liquide amniotique. Une hydratation suffisante influence directement son volume.

3,0 L
d’eau totale par jour recommandés pendant la grossesse (IOM)
67 %
des femmes enceintes n’atteignent pas les objectifs d’hydratation
50 %
d’augmentation de la filtration rénale pendant la grossesse

Une revue de la physiologie rénale pendant la grossesse a montré que les reins grossissent, que la pression artérielle baisse malgré la forte hausse du volume sanguin et qu’une hydronéphrose physiologique (gonflement des reins lié à l’augmentation du flux urinaire) apparaît chez jusqu’à 80 % des femmes enceintes. Le seuil de soif de ton corps baisse aussi pendant la grossesse, signalant qu’il faut plus de liquides.

La plupart des femmes enceintes ignorent combien boire

Une étude de 2024 portant sur 137 femmes enceintes a révélé des lacunes inquiétantes dans la connaissance de l’hydratation :

Les obstacles les plus courants étaient l’oubli de boire (47 %), l’absence de sensation de soif (47 %) et l’inconfort lié aux mictions plus fréquentes (33 %). Malgré cela, 69 % se disaient prêtes à utiliser un outil numérique pour suivre leur hydratation.

Hydratation et liquide amniotique

Le liquide amniotique protège le bébé, soutient le développement des poumons et permet les mouvements du fœtus. Un faible niveau de liquide amniotique (oligoamnios) peut entraîner des complications. La recherche montre que l’hydratation maternelle influence directement le volume de liquide amniotique.

Un essai contrôlé sur 137 femmes a constaté qu’une thérapie d’hydratation avait presque doublé l’index de liquide amniotique en seulement 7 jours (de 39,68 mm à 77,70 mm). Les femmes recevant 2 500 mL par jour de liquides par voie orale ont montré une amélioration plus importante que celles recevant 1 500 mL par jour. L’étude a aussi observé un taux de césariennes réduit dans le groupe hydratation.

Une revue Cochrane a confirmé qu’une simple hydratation orale maternelle semble augmenter le volume de liquide amniotique et peut être utile pour gérer l’oligoamnios. Même une hydratation de courte durée (2 litres en 2 heures) a augmenté l’index de liquide amniotique chez les femmes ayant des niveaux faibles.

Nausées matinales, hyperémèse et déshydratation

Jusqu’à 74 % des femmes enceintes ont des nausées et des vomissements. Pour la plupart, ils disparaissent au deuxième trimestre. Mais pour 0,3 à 3 % des grossesses, cela devient une hyperémèse gravidique, une forme sévère qui peut causer une déshydratation dangereuse.

Hyperémèse gravidique et perte de liquides

Une étude sur des femmes arrivées aux urgences avec une hyperémèse a montré qu’elles étaient nettement déshydratées, reprenant en moyenne 5,6 % de leur poids corporel par la seule réhydratation. La densité urinaire est passée de 1,027 à 1,008 après traitement, confirmant une déshydratation clinique à l’arrivée.

Même des nausées matinales légères peuvent réduire l’apport en liquides si boire de l’eau déclenche la nausée. Des pistes appuyées par la recherche :

Grossesse, déshydratation et risque d’infection urinaire

Les femmes enceintes font face à un risque accru d’infection urinaire en raison de changements physiologiques : dilatation des uretères, stase urinaire et modification de la composition des urines. Une étude sur 570 femmes enceintes a constaté une prévalence d’infection urinaire de 37,7 %, avec E. coli responsable de 65,4 % des cas.

La déshydratation aggrave ce risque. La recherche montre que des mictions moins fréquentes, des urines concentrées et une fonction immunitaire réduite par la déshydratation contribuent probablement à la susceptibilité aux infections urinaires. Les comités d’experts recommandent un apport suffisant en liquides, des mictions fréquentes et une vidange complète de la vessie, à la fois pour la prévention et le traitement.

Pour en savoir plus sur le lien entre hydratation et infection urinaire, consulte le guide de prévention des infections urinaires.

Allaitement : des besoins en liquides encore plus élevés

Après l’accouchement, les besoins en liquides augmentent encore. Le lait maternel est composé d’environ 87 % d’eau, et les mères qui allaitent exclusivement perdent 700 mL d’eau de plus par jour par la production de lait.

L’Institute of Medicine recommande 3,8 litres par jour pendant l’allaitement, contre 3,0 litres pendant la grossesse. Pourtant, une étude de 2024 sur 529 femmes a constaté que les mères qui allaitent exclusivement avaient un déficit hydrique net de −475 mL par jour, c’est-à-dire qu’elles étaient chroniquement sous-hydratées par rapport aux mères qui n’allaitent pas.

Point important : une revue Cochrane a montré que se forcer à boire au-delà de la soif n’augmente pas la production de lait. Le but n’est pas de trop boire, mais de boire assez pour éviter les déficits. Garde de l’eau à portée de main pendant les tétées et bois selon ta soif.

La façon la plus simple de suivre ton hydratation pendant la grossesse

P suit l’hydratation via les passages aux toilettes plutôt que via la consommation d’eau. Cette approche est particulièrement pratique pendant la grossesse :

Pour des guides connexes, consulte la prévention des infections urinaires par l’hydratation, le guide du journal mictionnel numérique et le journal de vessie pour le plancher pelvien, pour une récupération post-partum avec un kiné spécialisé du plancher pelvien.

Ce que disent les utilisatrices enceintes ou qui allaitent

Opinions personnelles d’utilisatrices sur leur propre expérience, et non des allégations médicales. Avis originaux de l’App Store, dans leur langue d’origine (anglais).

When I was pregnant with my daughter and then nursing her my doctor said I needed to drink way more water and that the only way to know whether I was hydrated was to check the COLOR of my urine… It was more useful to me for hydration during my pregnancy than literally anything else and I plan on recommending it to all the women I know!
★★★★☆Taj45 · App Store · 29 août 2018
Helped me during pregnancy and breastfeeding when I would lose track of just about everything. The watch complication makes it super easy to track
★★★★★J10205057 · App Store · 1er juillet 2023
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★★★★★mle10115 · App Store · 8 mai 2025

Toutes les études citées

Physiologie rénale de la grossesse : le DFG augmente de 50 %, le flux plasmatique jusqu’à 80 %
Revue complète des changements rénaux pendant la grossesse. Le DFG augmente de 50 %, le flux plasmatique rénal augmente jusqu’à 80 %, le seuil de soif baisse et une hydronéphrose physiologique apparaît chez jusqu’à 80 % des femmes enceintes.
Cheung & Lafayette, 2013. Advances in Chronic Kidney Disease • PubMed
67 % des femmes enceintes n’atteignent pas les objectifs d’hydratation
Étude sur 137 femmes enceintes : 63 % ne connaissaient pas les recommandations d’hydratation, 67 % n’atteignaient pas leurs objectifs, et 47 % citaient l’oubli de boire comme principal obstacle. 69 % se disaient prêtes à utiliser des outils de suivi numériques.
Pauley et al., 2024. PLOS Digital Health • PubMed
La thérapie d’hydratation a presque doublé l’index de liquide amniotique en 7 jours
Essai contrôlé sur 137 femmes : la thérapie d’hydratation a fait passer l’index de liquide amniotique de 39,68 mm à 77,70 mm. Les femmes recevant 2 500 mL/jour ont montré une amélioration plus importante que celles à 1 500 mL/jour. Taux de césariennes réduit.
Patrelli et al., 2012. Journal of Ultrasound in Medicine • PubMed
L’hydratation maternelle augmente le liquide amniotique en cas d’oligoamnios
Revue Cochrane : une simple hydratation orale maternelle semble augmenter le volume de liquide amniotique. L’hydratation orale (2 L d’eau) est associée à une hausse de l’index de liquide amniotique.
Hofmeyr & Gulmezoglu, 2002. Cochrane Database of Systematic Reviews • PubMed
Une hydratation de courte durée augmente le liquide amniotique et la perfusion utéro-placentaire
L’hydratation orale (2 L en 2 heures) a augmenté l’index de liquide amniotique de 3,2 cm en moyenne chez les patientes en oligoamnios, grâce à une meilleure perfusion utéro-placentaire.
Flack et al., 1995. American Journal of Obstetrics and Gynecology • PubMed
Les patientes en hyperémèse reprennent 5,6 % de poids corporel par la réhydratation
Les femmes arrivées aux urgences avec une hyperémèse gravidique étaient nettement déshydratées. La reprise de poids moyenne par réhydratation par perfusion était de 5,6 % du poids corporel. La densité urinaire est passée de 1,027 à 1,008 après traitement.
Johnson et al., 1995. Academic Emergency Medicine • PubMed
Prévalence d’infection urinaire de 37,7 % chez les femmes enceintes
Une étude sur 570 femmes enceintes a trouvé une prévalence d’infection urinaire de 37,7 %. E. coli était responsable de 65,4 % des cas. Un antécédent d’infection urinaire était le facteur de risque le plus fort (OR 4,05).
Mera-Lojano et al., 2023. Revista Médica del IMSS • PubMed
Une déshydratation légère contribue probablement au risque d’infection urinaire
Des mictions moins fréquentes, des urines concentrées et une fonction immunitaire réduite par la déshydratation augmentent probablement la susceptibilité aux infections urinaires. Les comités d’experts recommandent un apport suffisant en liquides et des mictions fréquentes.
Beetz, 2003. European Journal of Clinical Nutrition • PubMed
Les mères qui allaitent ont un déficit hydrique de −475 mL/jour
Étude sur 529 femmes : les mères qui allaitent exclusivement avaient un déficit hydrique net de −475 mL/jour, contre +580 mL/jour chez les mères qui n’allaitent pas. Le lait maternel est composé de 87 % d’eau.
Malisova et al., 2024. Nutrients • PubMed
Boire plus que sa soif n’augmente pas la production de lait maternel
Revue Cochrane : conseiller aux femmes de boire plus de liquides n’a pas amélioré la production de lait maternel. Une hydratation suffisante reste toutefois importante pour la santé maternelle, vu la perte de plus de 700 mL de liquides par jour via le lait.
Ndikom et al., 2014. Cochrane Database of Systematic Reviews • PubMed
Les besoins en eau augmentent pendant la grossesse pour la circulation, le liquide amniotique et l’accouchement
Les besoins en eau augmentent pour soutenir la circulation fœtale, la production de liquide amniotique et un volume sanguin plus élevé. Recommande 8 à 10 verres par jour. Une meilleure hydratation aide aussi à soulager la constipation.
Montgomery, 2002. The Journal of Perinatal Education • PubMed

Un suivi d’hydratation simple pour la grossesse et après

Un appui par passage aux toilettes. Pas d’eau à mesurer, pas de verres à compter. Suis ton hydratation sans effort, à chaque trimestre et jusque pendant l’allaitement.

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Questions fréquentes

Combien d’eau boire pendant la grossesse ?

L’ACOG recommande 8 à 12 tasses (64 à 96 onces) par jour. L’Institute of Medicine fixe l’apport adéquat à 3,0 litres d’eau totale par jour, eau des aliments comprise. Tes besoins peuvent être plus élevés sous un climat chaud, pendant l’exercice ou avec des nausées matinales. Un repère pratique : vise 7 passages aux toilettes ou plus par jour.

La déshydratation peut-elle entraîner des complications pendant la grossesse ?

Oui. La déshydratation a été associée à une baisse du liquide amniotique (oligoamnios), qui peut affecter le développement du fœtus. Un essai contrôlé a montré qu’une thérapie d’hydratation avait presque doublé le volume de liquide amniotique en 7 jours. La déshydratation concentre aussi les urines, ce qui augmente le risque d’infection urinaire, et une déshydratation sévère due à une hyperémèse peut nécessiter une hospitalisation.

Pourquoi ai-je besoin de beaucoup plus d’eau enceinte ?

Ton corps connaît d’énormes changements qui demandent plus de liquides. Le volume sanguin augmente de 30 à 50 %, les reins filtrent 50 % de sang en plus et ton corps produit du liquide amniotique. Même ton seuil de soif change : la grossesse abaisse le point de déclenchement, ta façon de te signaler qu’il te faut plus de liquides.

Boire plus d’eau aide-t-il contre les nausées matinales ?

L’eau ne prévient pas les nausées, mais rester hydratée est essentiel pour les gérer. Jusqu’à 74 % des femmes enceintes ont des nausées. Avec une hyperémèse gravidique, les femmes reprennent jusqu’à 5,6 % de leur poids corporel par la seule réhydratation par perfusion. Bois de petites gorgées fréquemment plutôt que de grandes quantités d’un coup.

Ai-je besoin d’encore plus d’eau pendant l’allaitement ?

Oui. L’IOM recommande 3,8 litres par jour pendant l’allaitement (contre 3,0 pendant la grossesse). Le lait maternel est composé de 87 % d’eau, et la recherche montre que les mères qui allaitent ont en moyenne un déficit hydrique de −475 mL par jour. Bois selon ta soif et garde de l’eau accessible pendant les tétées. À noter : boire plus que sa soif n’augmente pas la production de lait.

Cette page résume des recherches évaluées par des pairs, à but éducatif. Il ne s’agit pas d’un avis médical. Si tu es enceinte, si tu allaites ou si tu envisages une grossesse, travaille avec ton professionnel de santé sur l’hydratation et la nutrition. Les applications d’hydratation sont des outils de bien-être, pas des dispositifs médicaux.